Art et politique (en Italie)
Par Paul le dimanche, avril 17 2011, 14:43 - Autres / Ailleurs - Lien permanent
{{tpl:PostMap}}Sans rapport direct avec le 5e, mais peut-être pas sans rapport avec la situation de notre pays, voici un extrait de l’Opéra Nabucco de Verdi joué à Rome il y a quelques jours.
Avant le début de la représentation Gianni Alemanno, le maire de Rome, avait déjà fait un discours pour critiquer la politique culturelle Italienne, Silvio Berlusconi et Giorgio Napolitano étant dans la salle.
Mais ce n’était qu'un début. Ému par le "chœur des hébreux" (symbole de l’unité italienne depuis 150 ans) le public demande un bis. Le chef d’orchestre Riccardo Muti se lance alors dans un discours sur l’état du pays qui trouvera un écho parmi les spectateurs présents ... et bien au delà.
Public : Longue vie à l’Italie !
Riccardo Muti : Oui, je suis d’accord avec ça, Longue vie à l’Italie mais…
applaudissements
Riccardo Muti : Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le Va Pensiero. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait O ma patrie, belle et perdue, j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment belle et perdue.
Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène
Riccardo Muti : Depuis que règne par ici un « climat italien », je me suis tu, pendant de nombreuses années. Je voudrais maintenant … nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.


