Modem Paris 5ème

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jeudi, septembre 2 2010

Interview de Bayrou sur l'éducation et la situation du pays

Le mp3 de l'interview avec Bourdin sur RMC (éducation, dérive sécuritaire) : telecharger ici

Et sur la situation du pays dans le "talk" :

lundi, août 9 2010

"Détourner la France de son histoire d'intégration, c'est lui faire mal parce que c'est porter atteinte à son histoire, à sa nature profonde"

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François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, a répondu cette semaine à l'hebdomadaire Marianne sur les déclarations choc et les démonstrastions spectaculaires du gouvernement sur les questions de sécurité après les incidents à Grenoble.

Déclarations chocs et démonstrations à grand spectacle: une manière de faire de la politique dangereusement pour la société

Marianne: Comment qualifiez vous les propositions de Nicolas Sarkozy ?

A Grenoble, on n'a pas apporté de réponses nouvelles aux questions de sécurité.., ce qui aurait été légitime et, selon moi, nécessaire. Il y a une réalité de plus en plus dure de l'insécurité et de la délinquance, avec des agressions de toute nature et des trafics qui progressent. C'est évidemment insupportable, pour l'Etat et plus encore pour les gens. Mais les thèmes et les mots qui ont été choisis par Nicolas Sarkozy et ses proches ne portent pas une nouvelle politique de sécurité. Leur but est de faire naître la polémique la plus violente possible, en espérant que cette polémique soudera autour d'eux ce qu'ils appellent leur camp, toute la droite jusqu'à l'extrême droite.

Une polémique ne prend pas toute seule il lui faut des ressorts...

Il y a une grande inquiétude justifiée sur la délinquance et l'insécurité . Par ailleurs; dans bien des secteurs de l'opinion comme dans tous les pays en crise, l'immigration est mal vue. Alors on a choisi de faire un pont entre les deux. Le discours de Grenoble, c'est l'insinuation mise en scène qu'il existe un lien de cause à effet entre immigration et délinquance.C'est la première fois qu'un gouvernement en France et d ailleurs dans aucun autre pays européen, prend le risque d'une insinuation comme celle-là. Beaucoup d'extrémistes l'ont dit mais un gouvernant jamais! Et c'est une fausse logique. Bien sur il existe davantage de délinquance violente et de trafics dans certains quartiers où l'immigration est forte. (Même s'il ne faut pas oublier d'autres délinquances, par exemple financière, dans d'autre milieux) Mais l'immigration n'est pas la cause. Dans tous les milieux qui sont aux marges, en difficulté économique, sociale ou culturelle, il y a des gens plus fragiles face aux tentations de la délinquance! Une statistique ne fait pas une vérité. C'est comme si l'on disait que, parce qu'il y a dis fois plus de délinquants chez les hommes que chez les femmes, la masculinité est la cause de la délinquance!

Mais on eu l'impression d'une manoeuvre réfléchie...

Bien sur, puisque tous les jours on en ajoute une couche. C'est l'effet d'avalanche. D'abord, on propose de punir différemment les délinquants selon leur origine. Puis Brice Hortefeux envisage la plus large extension de cette déchéance... Le troisième jour, l'UMP propose qu'on mette en prison les parents d'enfants qui ne respectent pas leurs obligations. Il y a comme une fuite en avant vers le plus"choc" ou le plus choquant.

Vous affirmez la réalité de l'insécurité. Nicolas Sarkozy n' a t il pas raison de s'y attaquer ?

La délinquance et l'insécurité, comme je vous l'ai dit s'aggravent! Mais cela prouve simplement que la politique suivie depuis des années à partir des déclarations chocs et de démonstrations à grand spectacle, n'a pas réussi. Il faut donc en changer.Il faut une philosophie différente une reconquête par l'Etat aussi bien dans ses forces de sécurité que dans ses services publics, de toutes les zones de non droit. Une présence continue et une vigilance. Sans cela toutes les déclarations guerrières seront de nul effet sur la vraie délinquance dont les français souffrent: la délinquance d'immeuble, de quartier, de village, d'agression, de vol, de voiture brûlée, d'incivilité, de provocation.

Quel jugement portez vous sur cette manière de faire de la politique ?

Je la crois dangereuse pour la société et pour la fonction politique, singulièrement pour la fonction présidentielle. Dans une république comme la notre, le président a une fonction de chef de famille: il doit être celui sur le calme duquel on compte; il doit regarder avec la même compréhension les différentes sensibilités du pays il doit donner une direction stable et simple pour que tout le monde comprenne ou on va. il doit assurer l'Etat. Il a enfin le devoir de rassembler.

En quoi cette manière de gouverner est elle dangereuse pour la société ?

Parce que ce sont des chemins qui ne conduisent nulle part, sauf à davantage de mal être. Cibler les français d'origine étrangère, cela va faire mal à des millions d'enfants immigrés qui travaillent vraiment, en bavent vraiment, réussissent souvent parfois jusqu'à l'exploit. Parce que les mauvaises passions ne font pas la différence. Elles ciblent la couleur de peau ou la consonance du nom, le quartier... Détourner la France de son histoire d'intégration, c'est lui faire mal parce que c'est porter atteinte à son histoire, à sa nature profonde.

"propos recueillis par Jean-Claude Jaillette, Marianne semaine du 7 au 14 août 2010."

samedi, juillet 31 2010

Sécurité : "On a besoin de faire appliquer les lois qui existent déjà et qui sont bafouées tous les jours", pour François Bayrou

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Les déclarations à grand spectacle mises en scène et toujours répétées ne font avancer en rien la cause de la sécurité dans la vie de tous les jours.

On n'a pas besoin de lois nouvelles chaque semaine, ou de propos guerriers non suivis d'effet, on a besoin de faire appliquer les lois qui existent déjà et qui sont bafouées tous les jours. Les Français savent bien que la délinquance qui progresse, les agressions, les incivilités, les vols, les voitures brûlées, ne relèvent pas de lois d'exception. Elles relèvent d'un État présent, proche, qui se fait respecter, d'un retour du sens civique, d'une prévention efficace, de sanctions rapides, dissuasives, éducatives quand on le peut encore, d'un retour de l'État partout où s'installent des zones de non-droit, d'une police, d'une gendarmerie et d'une justice qui aient sur le long terme les moyens de leur action.

Les lois bâclées ne sont jamais durables : c’est un paradoxe frappant de voir ces annonces le jour même où le Conseil Constitutionnel annule la loi sur la garde à vue pour non-respect de nos principes de Droit.

D’autre part, en focalisant sur la seule immigration le discours sur l’insécurité, on cherche à introduire un signe « égale » entre l’une et l’autre. Au risque de bien des dérives : qu’est-ce qu’un Français d’origine étrangère ? À partir de quelle génération ? Que fait-on de ceux qui sont nés en France ? Pour nous, la loi et la sanction, même rigoureuses, doivent être les mêmes pour tout le monde, sans distinction d’origine, ou de situation sociale.